Interview d’une société collaborative : Scopyleft

Si les sociétés collaboratives/coopératives ne sont pas nouvelles, plusieurs d’entre elles se sont fait connaître récemment, on sent un certain engouement autour de cette autre façon de travailler.

Je propose donc une série d’interviews de représentants de ces “nouvelles” sociétés qui jouent sur la transparence, la force de l’intelligence collective, les prises de décisions partagées et surtout, de vrais relations sociales. Vous verrez que chacune de ces boîtes ont des implémentations différentes du même concept.

Aujourd’hui, nous découvrons la team de scopyleft, SCOP qui met en avant la transparence et le courage, tellement qu’elle rend ses comptes accessibles en ligne ! Regardez bien leur manifeste, il vaut le coup d’oeil. Pour cet interview c’est l’ensemble de l’équipe qui s’y est collé. 

 

En quelques mots, pourriez-vous nous dire ce que fait votre boite ?

Nous sommes une poignée d’humains rassemblés avec l’ambition de nous épanouir en collaborant sur des projets utiles où nous pensons pouvoir apporter de la valeur. Notre secteur de compétences est axé sur l’accompagnement de projets Web, sur le développement de projets Web et mobiles et sur le renfort d’équipes existantes.

 

En quelques mots toujours,vous pouvez nous décrire votre mode de fonctionnement interne ? Qu’est ce qui vous différencie d’une société classique en terme d’organisations ? Comment coopérez-vous ?

Le fonctionnement interne se redéfinit constamment, on essaye de faire des rétrospectives mensuelles pour ajuster le tir au niveau de nos pratiques et de nos objectifs. Cela permet également de ne pas cristalliser les ressentis et de clarifier certaines frictions. Le mode et le rythme de travail évoluent en fonction de la charge et de nos rencontres avec des personnes lors de repas préparés sur notre lieu de travail (une petite maison dans la pinède montpellieraine).

Nous avons eu l’occasion de coopérer — aussi bien en interne qu’avec d’autres équipes — au cours de cette première année sur des itérations de produits, et notre souhait à terme est d’arriver à collaborer en œuvrant ensemble sur un projet commun, par exemple pour concevoir un outil citoyen.

 

Plus spécifiquement, vous parlez pas mal d’éthique sur votre site. Ça se matérialise comment ?

Concrètement, nous sommes assez sélectifs au niveau des clients en excluant certains domaines (qui payent pourtant parfois très bien…) car nous ne souhaitons pas cautionner leurs actions ni les valeurs sous-jacentes. On discute longuement de projets qui sont aux limites de ce qui nous semble acceptable et c’est là où le collectif et le système de vote mis en place — proche de celui de Django — permet de valider une décision.

 

Des anecdotes à partager ?

Les débuts ont été difficiles financièrement, l’occasion de tester nos valeurs grandeur nature ! Beaucoup de questionnements, de doutes et de tâtonnements relatifs à ce que nous ambitionnions initialement (moins de prestation, plus de collaboration). Nous sommes encore en phase de transition, et à la recherche de solutions pour ajuster notre cap sur l’éthique tout en tenant compte de la pression financière.

L’embauche d’une nouvelle personne a aussi été très compliquée car nous n’étions pas suffisamment clairs entre nous sur nos attentes concernant ses fonctions. Heureusement, cela s’est résolu en proposant de co-écrire sa fiche de poste qui est toujours en cours d’évolution.

 

Comment trouvez-vous vos clients ?

Principalement par du bouche à oreille et des relations issues de nos expériences passées et en cours. Nous sommes peu friands de communication et de marketing alors on compense en essayant de créer de la valeur via nos interventions dans les conférences ou dans les communautés open-source. Nous produisons et contribuons aussi beaucoup au Logiciel Libre, ce qui nous amène un certain nombre d’entrants de façon naturelle.

 

Parlons un peu technico technique. Quel est le statut de votre société ? Comment fonctionne l’entrée dans la structure, la prise de décision etc… ?

Nous avons opté pour le statut de SCOP, notamment en raison de sa spécificité démocratique avec la règle « une personne = une voix », chaque personne dans l’entreprise est à la fois salariée et associée. Les nouveaux entrants intègrent ce statut dans la première année (et sont démissionnaires s’ils ne l’acceptent pas) ; vous pouvez par ailleurs consulter nos statuts sur Github pour les détails.

 

Pour les quelques lecteurs de ce blog, vous recrutez ?

Nous n’avons pas l’ambition de croître à tout prix et les futurs recrutements se feront en fonction des besoins et des affinités. Notre objectif est de rester une équipe à taille et échanges humains.

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